Même pas peur !

"A moins que vous ne soyez "goûteuse" professionnelle, je ne vois pas l'intérêt de se forcer à manger un "aliment" qui d'emblée vous répulse (sic) voire vous dégoûte et que vous finissez par avaler comme par dépit en faisant la gimace ! Vous étiez sous la menace ? affamée ? votre frigo était vide ? voire aviez un pari "stupide" à relever ? ..."

Ce commentaire m'a été adressé en réponse à mon billet sur les sauterelles grillées, par un certain "Hobby", apparemment au bord de l'évanouissement.

Qu'il se rassure. Bien évidemment, je n'ai jamais avalé d'insectes (ni mis quoi que ce soit dans ma bouche, d'ailleurs) sous la menace. J'ai laissé tombé les paris débiles il y a plusieurs dizaines d'années déjà. Je ne mange pas non plus dans le seul but de m'alimenter, ou d'alimenter ce blog.

Si je mange des insectes, c'est tout simplement parce que j'aime découvrir des goûts, des aliments, des plats nouveaux. Le meilleur moyen de découvrir un pays, de comprendre son histoire et sa culture, c'est de manger sa cuisine. De l'appréhender sans jamais la dénigrer. Les insectes font partie du patrimoine culinaire mexicain, et ce depuis l'époque précolombienne. Les craquants, les fondants, les juteux, les spongieux, les rampants, les volants. Les mexicains en mangent ? J'en mange ! Et, croyez moi ou non, les insectes sont une de mes plus grandes découvertes gustatives de ces deux dernières années. Je suis cependant encore loin de les avoir tous goûté : il existe en effet près de 525 variétés d'insectes comestibles au Mexique.

Les derniers que j'ai mangé, c'est ceux-là : les oeufs de fourmis (escamoles).

escamoles
© Laurange

Vous aimeriez connaître la texture, la saveur de cette préparation étonnante ? Je vous dirai simplement que j'ai terminé mon plat. Sans me forcer. Sans pistolet pointé sur la tempe. Et que j'ai aimé ça.


Lien permanent

_ Laurange || 08-11-2006    4 Grains de sel - Commentez

L'aventure c'est l'aventure

Si mes précédents billets vous avaient déjà fait trembler d'effroi, un conseil : passez votre chemin !

Après les sauterelles et les vers d'agave, un autre animal a franchi la barrière du comestible : le lombric.



photo : www.interet-general.info

Au Mexique, on a coutume de le consommer en quantité quasi-industrielle chaque 28 décembre, jour des innocents. La manière la plus simple et la plus courante de le préparer est de le pocher quelques secondes à peine (plus longtemps il devient caoutchouteux) dans l'eau bouillante. Il est alors à peine cuit, très fondant et juteux à l'intérieur.

Ca vous écoeure ?
Je pensais moi-même ne pas être capable de surmonter mon aversion.
J'ai croqué le premier du bout des lèvres, guettant avec anxiété mes premiers hauts le coeur. J'ai fermé les yeux. J'ai cru défaillir.

Et s'il était encore vivant ?
Bon dieu, mais pourquoi les vers de terre me dégoûteraient-ils plus que les sauterelles ou les vers ?

Mais j'ai réussi ! Je l'ai mangé ! Et vous savez quoi ?
Je ne le regrette pas. Ces petites bêtes ont une saveur absolument extraordinaire. Un léger goût de terre, un peu comme de la betterave, mais beaucoup plus doux, légèrement fruité.

Bref, tout ça m'encourage pour poursuivre la suite de mes aventures ! Il me reste en effet encore plein de saveurs nouvelles à découvrir : oeufs de fourmis, jumiles (petites punaises vivantes), oeufs de mouche...


Mise à jour 02/01/06 :
Le 28 décembre au Mexique, c'est l'équivalent du 1er avril en France.
Les journaux se déchaînent et publient des pages entières de fausses nouvelles : un politicien de gauche crée une ligne de sacs de voyage de luxe en collaboration avec Louis Vuitton, U2 annule son concert tant attendu au Mexique, une vidéo porno des jumelles Bush est découverte sur internet...
Vous y avez tous cru, c'était pourtant un canular : on ne mange pas de vers de terre au Mexique ! Mon billet du 28 décembre n'était cependant pas qu'un tissu de mensonges, car on mange bel et bien des vers d'agave, des sauterelles, des oeufs de fourmis, des jumiles (punaises vivantes) et des oeufs de mouches au Mexique. Comment ça, vous ne voulez plus me croire ?!


Lien permanent

_ Laurange || 28-12-2005    1 Grain de sel - Commentez

Craquant !

sauterelles
© Laurange

Après les gusanos, j'ai le plaisir de vous présenter une autre spécialité de Oaxaca : les chapulines, ou sauterelles grillées. Là bas, on dit que celui goûte à ces bestioles qui craquent sous la dent reviendra toujours à Oaxaca.

Vous grimacez ? Au Mexique, la consommation de vers et d'insectes n'inspire ni dégoût ni étonnement : on les savoure depuis l'époque précolombienne. Ainsi, outre les gusanos de maguey et les chapulines, au Mexique, vous pourrez également déguster des oeufs de fourmis (escamoles), ou encore des petites punaises vivantes (jumiles), enroulées dans une tortilla, à croquer sans hésiter, avant qu'elles ne se fassent la malle !

Manger des insectes ne m'écoeure ni ne m'éffraie. C'est certes un peu déroutant d'y goûter pour la première fois, mais ensuite, ma foi... ce n'est probablement pas pire que de gober une huître, un escargot ou une cervelle d'agneau !
Vous êtes toujours rétifs ? Dites-vous que les insectes regorgent de protéines, de minéraux (surtout du zinc et du fer), et de vitamines (notamment de la riboflavine et de la thiamine)...

Mais je sens qu'une question vous brûle les lèvres : "Quel goût ça a ?"

L'odeur des sauterelles grillées me rappelle un peu celle des crevettes séchées (ou peut-être les paillettes de nourriture pour poisson rouge, mais pensons plutôt aux crevettes, c'est bien plus avenant). En bouche, c'est essentiellement salé, et bien croustillant. Bref, parfait pour remplacer les biscuits apéritifs !


Lien permanent

_ Laurange || 08-11-2005    5 Grains de sel - Commentez

C'est fin, ça se mange sans faim

A votre avis, que vend cette charmante dame ?

marché Oaxaca
© Laurange

Aucune idée ?
Approchez-vous et regardez d'un peu plus près...

vers d'agave
© Laurange

Non, vous ne rêvez pas ! Ce sont bien des vers (en réalité les chenilles de l'agave), ou, comme on les appelle au Mexique, des gusanos de maguey.
Mais rassurez vous, on ne les gobe pas tout crus ! La chair des ces alléchantes petites bébêtes, mixée avec du sel et du piment, sert à fabriquer le "sal de gusano", qui, à Oaxaca, accompagne invariablement chaque petit verre de mezcal.

Mode d'emploi : trempez un quartier de citron dans le sal de gusano, puis croquez-le avant d'engloutir une bonne lampée de mezcal.

sal de gusano
© Laurange

Peut-être préférez vous déguster des gusanos de maguey frits ? Servis avec des tortillas et du guacamole, je vous assure que c'est un régal !


Lien permanent

_ Laurange || 04-11-2005    Commentez


interface et design par Dogstudio.be & Edit-it | textes, photos, illustrations et autres © Laurange saveurs mexicaines